Économie et emploi

Comment désenclaver les « quartiers difficiles », intégrer les territoires isolés dans des dynamiques économiques,  y créer de l’activité légale et utile à la collectivité et ainsi permettre à leurs habitants d’y trouver des perspectives d’avenir ?

Dans les 751 Zones Urbaines Sensibles françaises, le taux de chômage des 12-25 atteint plus de 40%. Il y est deux fois plus important que dans les autres territoires.

Zones Urbaines Sensibles, Zones Prioritaires, Banlieues, Quartiers difficiles…Toutes ces dénominations et les dispositifs mis en place pour favoriser l’activité et l’emploi dans ces territoires ne fonctionnent pas.  Et d’ailleurs ils oublient aussi certains territoires isolés, ruraux où éloignés d’une métropole dynamique. Ce constat d’échec est ancien. Mais il est revenu cette année au cœur de l’actualité. Car ces zones, et la précarité qui y règne, semblent être des terreaux propices à toutes les frustrations et les relégations du récit commun de notre République.

L’utilisation symbolique du mot « apartheid » par Manuel Valls a choqué. Bien qu’excessif par rapport à sa définition historique, plusieurs caractéristiques de la définition du terme correspondent à une réalité, notamment à travers la notion de « ghetto » peuvent se retrouver dans nos quartiers : un espace délimité, la constitution d’une micro société interne, la stigmatisation venant de l’extérieur…

Tous les leviers d’actions doivent être utilisés pour diminuer l’isolement social et économique. Dans le spectre des actions possibles, celles touchant à la vie économique et aux politiques de l’emploi sont essentielles. Ainsi, l’atelier républicain “Économie et emploi” a réfléchi aux moyens de désenclaver ces quartiers, en y créant une activité économique utile à la collectivité , afin de permettre à leurs habitants de construire sereinement leurs vies et leurs avenirs communs.

Favoriser l’initiative économique

Il est primordial de favoriser la capacité entrepreneuriale des jeunes quel que soit le quartier où ils habitent: banlieue urbaine, ville moyenne, territoire rural…

Le maintien de l’activité légale dans ces zones ne doit surtout pas uniquement passer par la création d’emplois publics. La création d’entreprises permet à la fois de dynamiser l’activité dans l’ensemble des territoires éloignés économiquement des dynamiques métropolitaines.

Des mécanismes comme l’exonération de charges sociales existent déjà. Ils sont efficaces mais ont des limites :

L’exonération de charges n’est efficace que pour des entrepreneurs dont le projet a déjà atteint une certaine taille et pour qui la question de l’embauche se pose,

ce type de mécanisme (s’il est limité à l’embauche des 5 premiers salariés par exemple) peut être contreproductif et ne pas inciter le chef d’entreprise à embaucher davantage si son activité lui est suffisante en l’état.

Des aides intervenant plus en amont de la création des projets seraient en revanche plus appropriées. Certaines structures comme l’ADIE proposent déjà des solutions, notamment des « micro-crédits » pour soutenir des initiatives de petites tailles qui ne seraient pas financées par les banques commerciales. Depuis 25 ans, l’ADIE a ainsi accordé plus de 150 000 micro-crédits et aidé à la création de  100 000 entreprises. Le taux de pérennité de ces structures est important : 70% au bout de 2 ans, 60% au bout de 3 ans. L’action de l’ADIE témoigne ainsi de l’efficacité des moyens de financements adaptés à de petits projets. L’envie d’entreprendre est très présente chez les jeunes. Elle est refroidie par les complexités administratives et une aversion, légitime, aux risques.

Nous pensons qu’il est important de favoriser la création d’entreprises dans les quartiers, en aidant les « jeunes pousses » et en les protégeant.

 

Nos propositions

  • Faciliter l’accès au crédit.
  • Faciliter l’accès au financement en capital.
  • Installer dans les quartiers excentrés des “îlots de travail” calqués sur les maisons de santé en campagne.
  • Formation au montage de projets en faisant appel au volontariat des chefs d’entreprises/cadre d’entreprises.
  • Légalisation du cannabis qui aurait un impact fort sur l’activité économique de notre pays.

Parrainage et Service civique

Un des problèmes majeurs auquel font face les jeunes issus de catégories sociales les plus pauvres est la « panne de l’ascenseur social ».  Favoriser l’insertion professionnelle des jeunes diplômés issus de ces catégories de population doit ainsi être une priorité pour l’Etat et les collectivités territoriales.

On entend par « jeunes diplômés » des habitants âgés de 30 ans maximum, diplômés d’un bac+4 minimum, étant à la recherche d’un emploi correspondant à leur niveau de qualification. Ces jeunes – et leurs parents qui les y ont encouragé – ont effectivement cru en une forme de mérite républicain, ont fait confiance à l’ « École » (de la maternelle à l’enseignement supérieur), persuadés qu’un diplôme serait la porte d’entrée au marché du travail, à la sécurité de l’emploi, à l’évolution sociale et à une meilleure situation économique que celle de leurs parents/proches. L’insertion professionnelle est la récompense des efforts fournis tout au long du parcours scolaire et universitaire dans un milieu généralement moins propice à la réussite.

En intégrant le Service Civique, le responsable du jeune suit l’évolution de ses progrès. L’Agence du Service Civique sélectionne chaque année un certain nombre de volontaires sur dossier pour les suivre dans leur après-Service Civique en mettant en contact les Volontaires avec des professionnels et en créant des passerelles pour intégrer une formation. Ils sont alors « Lauréats du Service Civique ».

En étant beaucoup plus souple que le monde du travail, le Service Civique permet aussi de préparer sereinement des examens. Il offre une césure dans ses études sans pour autant perdre une année.

 

Nos propositions

  • Généraliser le système de “parrainage” aux jeunes diplômés qui sont le plus éloignés de l’emploi malgré leurs diplômes.
  • Rendre le Service Civique obligatoire après l’obtention du premier diplôme.