Nouvelle crise agricole, nouveau pansement financier. Après la crise des éleveurs loin d’être terminée, c’est au tour des céréaliers de bénéficier d’un plan  d’aide d’urgence de la part de l’État. Si cette nouvelle aide est aujourd’hui indispensable, c’est par notre entêtement à refuser de voir la réalité en face : celle de l’essoufflement inexorable du modèle productiviste qui appauvrit les sols et pollue les écosystèmes, tire les prix et la qualité à la baisse et asservit les agriculteurs aux pesticides et à aux prêts bancaires.

Le résultat est catastrophique pour nos agriculteurs. La résilience économique des exploitations s’effondre et chaque aléa météorologique devient une menace sérieuse de faillite. Quand on sait que le réchauffement climatique augmente déjà la fréquence et l’intensité de ces aléas, cet enjeu devient encore plus pressant. Il faut également assumer que ce modèle productiviste ne permet pas l’émancipation des agriculteurs, et peut même les conduire jusqu’au suicide, désespoir absolu qui concernerait un agriculteur tous les deux jours en France.

Les Jeunes Radicaux de Gauche s’interrogent face à la gestion courtermiste des crises agricoles successives. Qu’attendons-nous ? Qu’attendons-nous pour soutenir les agriculteurs qui se réorientent vers des pratiques vertueuses ?

Les Jeunes Radicaux de Gauche souhaitent ainsi que soient redirigées les aides de la Politique Agricole Commune (PAC) vers les exploitations intensives en main d’œuvre plutôt que vers celles intensives en surfaces et en intrants, pour créer des emplois et revitaliser les milieux ruraux. Nous demandons également que l’Union européenne subventionne en priorité les pratiques positives pour l’environnement (la mise en place de haies, l’entretien des pâturages, le stockage du carbone, etc.) en développant les paiements pour services environnementaux (PSE), et non les pratiques destructrices.

Qu’attendons-nous pour développer sur chaque territoire, à l’échelle des paysages, des plans de gestion intégrée qui mêlent agroécologie, agriculture biologique, permaculture, agroforesterie, agriculture écologiquement intensive : autant de modèles non exclusifs les uns des autres qui peuvent coïncider parfaitement aux spécificités de chacun de nos terroirs ? Les résultats de la recherche agronomique proposent déjà des recommandations opérationnelles à mieux valoriser pour une approche rationnelle et contextualisée de la production agricole.

Qu’attendons-nous pour remettre les Hommes et les territoires au centre de notre modèle agricole en France et en Europe ? Les Jeunes Radicaux de Gauche militent pour une agriculture enfin réellement performante, humaniste et écosolidariste.