Une nouvelle édition du Salon de l’Agriculture s’est ouverte Porte de Versailles à Paris. Cette vitrine internationale, première ferme de France pendant une semaine, est l’occasion de (re)découvrir la richesse de nos productions et de nos territoires. Alors que de nombreuses personnalités politiques vont aller rencontrer les agriculteurs et peaufiner leur image, la priorité est largement ailleurs.

La priorité est de repenser un modèle à bout de souffle, qui ne permet pas aux agriculteurs de vivre de leur travail. Nous ne pouvons continuer à les pousser dans des situations précaires pouvant les conduire jusqu’au suicide, dans un modèle qui détruit des emplois et a de forts impacts sur l’environnement et la santé.

Actuellement, l’agriculture est le secteur économique français qui enregistre les plus grands gains de productivité du travail par actif, plus que l’industrie et les services. Cela signifie qu’à travail constant, l’agriculture est le secteur qui augmente le plus sa production grâce à ses fortes capacités à mobiliser les innovations, notamment technologiques. Cette augmentation entraîne mécaniquement une baisse des prix des produits agricoles par déséquilibre entre l’offre, en perpétuelle augmentation, et la demande, plutôt constante en Europe. Les difficultés financières de nombreux agriculteurs, souvent dues à des prix d’achat non rémunérateurs, constituent donc un problème structurel qui ne sera résolu qu’à long terme. Ces difficultés structurelles rendent difficile l’installation de nouveaux agriculteurs : la majorité a plus de 40 ans. Pire, plus de 30.000 emplois sont perdus tous les ans dans le secteur agricole, avec des conséquences lourdes en termes de dynamisme rural et d’aménagement du territoire.

En outre, ce modèle tend à une déconnexion entre les agriculteurs et les territoires, pose des enjeux environnementaux et sanitaires importants (pollution de l’eau, biodiversité, pesticides) et entraîne une dépendance des agriculteurs aux filières d’amont (vendeurs de pesticides, machinisme agricole, soja importé pour le bétail) et d’aval (standardisation des produits pour les industries agroalimentaires, position de faiblesse pour négocier les prix).

Puisque la politique agricole est européenne (PAC), la réponse doit être européenne :
– Réorienter les subventions agricoles actuellement basées sur les surfaces et la production vers des aides centrées sur les actifs agricoles afin de garantir un revenu minimum décent à chaque agriculteur.
– Rémunérer les services rendus par une agriculture respectueuse des équilibres, des ressources et de l’eau en particulier, des biodiversités sauvages et domestiques, du climat et de la santé des actifs agricoles et des consommateurs.
– Promouvoir un nombre réduit de labels clairement identifiés par les consommateurs valorisant la qualité des produits français et les territoires.
– Favoriser l’agroécologie qui offre une diversité de méthodes de production et remet l’agronomie au centre des techniques de production, lesquelles ne se limitent pas à l’agriculture biologique. Les écosystèmes agricoles doivent devenir des facteurs de production et non des contraintes pour assurer la résilience économique des exploitations face aux crises.
– Définanciariser les productions agricoles pour limiter la volatilité des prix.

Assumons et valorisons la pluralité de nos territoires qui induisent naturellement une pluralité de modèles de production ! Nous, Jeunes Radicaux de Gauche, sommes profondément attachés au monde paysan et à la ruralité : nous ne les laisserons pas tomber.

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